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Quatre affaires criminelles dont le dénouement retourne tout

Photo : Kidfly182 / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Une femme qui écrit sous le nom d’une disparue, un homme qui se fait passer pour un jeune Marine, une mère qui se déguise en adolescente : les faits divers les plus sombres ressemblent parfois à des scénarios de thriller. Voici quatre affaires américaines où les apparences ont menti, racontées à partir d’un article de Bored Panda et de dossiers judiciaires ou de médias locaux.

Une disparition et des messages venus de l’intérieur

À Omaha, dans le Nebraska, Cari Farver, 37 ans, mère célibataire, disparaît le 13 novembre 2012. Son entourage s’inquiète vite, mais l’affaire prend un tour étrange quand son ex-amant, Dave Kroupa, commence à recevoir des messages qui semblent venir de la disparue elle-même. Certains sont menaçants. Il en reçoit des milliers, les chiffres variant selon les sources entre 12 000 et 15 000 courriels.

Le retournement tient à l’identité de l’expéditrice. Derrière ces messages se cache Shanna « Liz » Golyar, une autre femme avec laquelle Kroupa fréquentait. Elle a usurpé l’identité de Farver pendant des années, en écrivant aussi à la mère de la disparue et à son fils. Selon Bored Panda, qui cite l’enquêteur chargé du dossier, les policiers ont retrouvé sur le téléphone de Golyar une photo de la Ford Explorer de Farver, prise environ un mois avant que le véhicule ne soit retrouvé. Un détail qui pèse lourd dans un dossier où le corps n’a jamais été retrouvé.

Golyar a été arrêtée le 22 décembre 2016. En mai 2017, un juge, sans jury, l’a reconnue coupable de meurtre au premier degré et l’a condamnée à la perpétuité. Elle a aussi été jugée coupable d’incendie criminel au second degré. Elle a fait appel, mais la Cour suprême du Nebraska a rejeté ce recours en 2018. L’histoire a été adaptée en 2024 dans le documentaire Lover, Stalker, Killer, sur Netflix, selon Sportskeeda.

Une nuit à Phoenix, et un suspect qui n’en était pas un

En Arizona, Heather Quan, 21 ans, est tuée à son domicile de Phoenix. Son compagnon, Ryan Waller, est grièvement blessé par balle à la tête lors de la même intrusion. Les auteurs désignés sont Richie Lee Carver et son père, Larry Lloyd Carver. Larry a été reconnu coupable de l’ensemble des chefs d’accusation en décembre 2012, selon le bureau du procureur du comté de Maricopa. Richie a été condamné en 2008 à la perpétuité sans libération conditionnelle pour meurtre en bande.

Ruban de police jaune devant une maison, symbole d'une enquête criminelle aux nombreux rebondissements
Photo : Joe Gratz / Wikimedia Commons (CC0)

Le retournement le plus choquant concerne la victime survivante. D’après des sources secondaires comme Legal Clarity, la police a d’abord traité Ryan Waller comme un suspect. Il aurait été placé pendant près de quatre heures dans une voiture de police avant d’être soigné correctement. Des récits divergent sur la date exacte de l’attaque, fin décembre 2006, et sur la manière dont les rapports ont été rédigés. Ces points restent contestés et demandent de la prudence.

Waller est mort le 20 janvier 2016, à 27 ans, après une crise d’épilepsie. Sa famille s’est aussi tournée vers la politique : la loi « Heather’s Law », adoptée en Arizona, est née de la campagne menée par la famille de Quan, après que l’épouse de Larry Carver a refusé de témoigner contre lui, selon Buzz South Africa.

Un procès mené seule, une condamnation lourde

À Stamford, dans le Connecticut, Anna Lisa Raymundo est tuée. Le 10 février 2012, un jury déclare Sheila Davalloo coupable de ce meurtre. Davalloo a choisi de se défendre elle-même, un pari risqué devant un jury, comme le rapporte le Stamford Advocate.

Ruban de police jaune devant une maison, symbole d'une enquête criminelle aux nombreux rebondissements
Photo : Jay Wennington jaywennington / Wikimedia Commons (CC0)

Le 27 avril 2012, le juge Richard Comerford la condamne à 50 ans de prison. Le dossier ne s’arrête pas là : Davalloo purge déjà une peine prononcée dans l’État de New York pour une attaque contre son mari, Paul Christos, qui a survécu après une opération à cœur ouvert, d’après Oxygen. Ce cas montre comment une même personne peut apparaître dans plusieurs affaires judiciaires, à des années d’intervalle, sans que le lien soit évident pour le grand public.

Un faux Marine, une fausse lycéenne et un drame sur un parking

En septembre 2006, sur le parking de Dynabrade Corporation, à Clarence, dans l’État de New York, Thomas Montgomery tire sur Brian Barrett, 22 ans. Les deux hommes travaillaient dans la même entreprise. Montgomery a plaidé coupable d’homicide involontaire au premier degré et a été condamné à 20 ans de prison, selon le Lockport Journal.

Le fil de cette histoire commence en ligne. En 2005, Montgomery, 46 ans, marié et père de deux filles, se fait passer pour un jeune Marine, « MarineSniper », dans un salon de discussion du site Pogo. Il y échange avec une personne qui se fait appeler « Talhotblond ». Selon le Lockport Journal et le Dark Dialogue Network, cette interlocutrice, prénommée « Jessi », n’était pas une lycéenne mais une femme d’âge mûr, Mary Sheiler, qui se faisait passer pour sa propre fille. Une vérité qui inverse complètement le récit d’une adolescente manipulée, et qui a inspiré le documentaire Talhotblond, sorti en 2009.

Pour les autres sources, le lien entre ces discussions et le drame reste sensible. Il faut toujours distinguer ce qui est établi par la justice, comme la condamnation de Montgomery, de ce qui relève des récits publiés autour de l’affaire.

Ce qu’il faut retenir

  • Dans l’affaire Farver, c’est l’identité de l’auteur des messages, et non le message lui-même, qui a fait basculer l’enquête.
  • À Phoenix, une victime peut aussi être traitée à tort comme suspecte, ce qui pose de vraies questions sur les procédures.
  • Dans le Connecticut, Sheila Davalloo a été condamnée à 50 ans après avoir choisi de se défendre seule.
  • Dans l’affaire Montgomery, le faux profil en ligne a été décisif, et la vraie identité de « Jessi » a changé la lecture de toute l’histoire.
  • Un récit captivant n’est pas toujours un récit complet : vérifier les dates, les peines et les identités reste indispensable.

Questions fréquentes

Comment une usurpation d’identité en ligne peut-elle passer inaperçue si longtemps ?

Les messages sont envoyés depuis des comptes ou des téléphones que la personne contrôle seule, ce qui rend la personne réelle difficile à relier aux faux profils. Dans l’affaire Farver, il a fallu des années et des éléments très précis, comme une photo retrouvée sur un téléphone, pour remonter jusqu’à l’auteure.

Peut-on être jugé sans jury aux États-Unis ?

Oui, c’est possible dans certains cas, à la demande de l’accusé ou selon les règles de l’État. Golyar a été jugée par un juge seul dans le Nebraska. Ce choix ne signifie pas que la procédure est moins rigoureuse, mais il change la manière dont les preuves sont présentées et évaluées.

Que deviennent les familles après de tels procès ?

Elles se retrouvent souvent à mener un combat long, parfois jusqu’au Parlement. La famille de Heather Quan a fait campagne jusqu’à l’adoption de la loi « Heather’s Law » en Arizona, un exemple de la manière dont une affaire criminelle peut déboucher sur un changement concret.

Sources

Bored Panda, boredpanda.com ; Iowa Cold Cases, iowacoldcases.org ; Legal Clarity, legalclarity.org ; Buzz South Africa, buzzsouthafrica.com.

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