Dans le nord-est du Cambodge, le Mékong a de quoi faire sourire : six petits dauphins de l’Irrawaddy sont nés en 2026. Une bonne nouvelle pour une espèce dont les effectifs ont longtemps reculé, et qui vit désormais sur un tronçon de fleuve très surveillé.
Un petit tronçon de fleuve, une grande responsabilité
Les naissances ont été recensées sur environ 120 kilomètres du Mékong, entre les provinces de Kratie, où cinq veaux sont nés, et de Stung Treng, où un seul est venu au monde. Le site touristique de Kampi, à Kratie, se trouve au cœur de ce secteur. C’est là que les dauphins se laissent le plus souvent observer, depuis les barques des pêcheurs comme depuis celles des visiteurs.
Il faut savoir que l’Irrawaddy n’est pas un dauphin de rivière au sens strict. C’est un cétacé d’eau douce et d’estuaire, qui remonte les fleuves et fréquente les zones où l’eau douce se mêle à l’eau salée. Sa présence dans le Mékong cambodgien en fait l’un des derniers groupes de ce type sur le fleuve.
Ce qui s’est passé cette année
Selon le média spécialisé Mongabay, les naissances étaient confirmées à la fin du mois de juin, et la population du tronçon cambodgien est estimée à 118 individus. L’une des observations les plus parlantes date du 17 février : un veau d’environ trois jours, photographié par une équipe de la Direction des pêches (FiA) et de WWF Cambodge.

Le titre de la source originale parle d’une population qui « grandit de six ». Il faut pourtant lire ce chiffre avec prudence. Six naissances ne veulent pas dire une hausse nette de six individus, car les décès survenus en 2026 ne sont pas connus à ce stade. Le total de 118 reste une estimation, et les autorités ne publient pas forcément de décompte annuel détaillé.
Une population qui a fondu
Le contexte rend ces naissances plus précieuses. À la fin des années 1990, la population du tronçon cambodgien aurait compté environ 200 individus. Elle en compte un peu plus de 100 aujourd’hui. Les causes sont bien identifiées : la chasse, les captures accidentelles dans les filets maillants et la dégradation de l’habitat.

Pour mesurer l’ampleur du recul, imaginez une école qui perdrait la moitié de ses élèves en vingt ans. Chaque naissance compte donc double, parce qu’elle compense une partie des pertes et qu’elle indique que le groupe se reproduit encore.
Pourquoi ça compte vraiment
Les dauphins de l’Irrawaddy sont importants pour l’équilibre du fleuve, mais aussi pour les communautés riveraines. Ian Baird, professeur de géographie à l’Université du Wisconsin-Madison, cité par Mongabay, souligne leur valeur à la fois touristique et patrimoniale. Dans plusieurs villages, on raconte que ces animaux seraient les réincarnations d’ancêtres, et que certains auraient aidé des villageois à regagner la rive. Ce sont des croyances et des témoignages anecdotiques, mais ils montrent à quel point l’espèce est intégrée à la vie locale.
Les barrages sont une autre menace, plus indirecte. Selon Ian Baird, ils n’ont pas été identifiés comme tuant directement les dauphins. En revanche, ils modifient l’hydrologie du fleuve et la chaîne alimentaire, en particulier les populations de poissons dont se nourrissent les animaux. Mongabay mentionne treize barrages sur le cours principal du Mékong, un nombre qui ne concerne pas seulement le Cambodge.
Ce que disent les acteurs de terrain
La gestion de l’espèce repose sur la FiA, avec un soutien financier et technique de WWF Cambodge. Depuis 2012, 72 gardes fluviaux ont été employés pour patrouiller la zone. En 2025, le ministère de la Gestion du territoire a classé l’habitat comme terrain d’État, une étape qui renforce la protection juridique du secteur.
Les filets maillants restent utilisés dans certaines zones protégées, mais à petite échelle selon le chef des pêches de Kampi, cité par Mongabay. Un responsable officiel, dont le nom n’apparaît pas dans la partie consultée de l’article, estime que les naissances montrent que la population se reproduit toujours et qu’elle peut se rétablir, à condition que les menaces soient contenues.
Questions fréquentes
Les dauphins de l’Irrawaddy sont-ils en danger ?
L’espèce est classée comme menacée, et ses effectifs ont nettement diminué dans le Mékong depuis les années 1990. Les naissances de 2026 sont encourageantes, mais elles ne suffisent pas à conclure à un rétablissement durable.
Comment aider à protéger ces dauphins ?
Le plus efficace reste de soutenir les programmes de surveillance et les organisations qui travaillent sur le terrain. Pour un visiteur, choisir des excursions respectueuses, qui gardent une distance raisonnable et ne dérangent pas les animaux, fait déjà une différence.
Pourquoi parle-t-on d’un « rétablissement possible » ?
Une population qui se reproduit peut retrouver des effectifs si la mortalité baisse. Cela suppose de limiter les filets, de préserver l’habitat et de garder des poissons en quantité suffisante. Les autorités estiment que c’est possible, mais le chemin reste long.
Ce qu’il faut retenir
- Au moins six dauphins de l’Irrawaddy sont nés en 2026 dans le Mékong cambodgien, selon Mongabay.
- La population du tronçon est estimée à 118 individus, un chiffre qui reste une estimation.
- Six naissances ne signifient pas une hausse nette de six animaux, car les décès de l’année ne sont pas connus.
- La population a fortement reculé depuis les années 1990, à cause de la chasse, des filets et de la dégradation de l’habitat.
- Les barrages menacent surtout la nourriture des dauphins, pas directement leur vie.
- La protection repose sur la FiA, WWF Cambodge, des gardes fluviaux et un statut juridique renforcé en 2025.
Sources
Article original : Good News Network. Enquête de référence : Mongabay. Présentation générale du programme : WWF Cambodge.

