in

Pourquoi « I’ll do the chicken » fait débat chez les Britanniques

Photo : Wikimedia Commons (CC BY 3.0)

Imaginez une commande au restaurant : « I’ll do the chicken Alfredo, please. » Pour beaucoup d’Américains, la phrase n’a rien d’étrange. Pour une partie des Britanniques, elle sonne bizarrement, et un post viral sur X a relancé la discussion. Le tic est-il vraiment quotidien, ou s’agit-il d’un buzz qui a pris de l’ampleur ? On fait le point.

D’où vient la polémique

Tout part d’un message publié sur X par une utilisatrice britannique, Nicola, qui se moque de la tournure « I’ll do the chicken Alfredo » et de son équivalent « I’ll do the chicken salad ». Son post a beaucoup circulé, puis a été repris par BuzzFeed, qui a ouvert la discussion dans ses commentaires. Le ton reste léger : Nicola s’amuse de ce « do » qui semble déplacé quand on parle de nourriture.

Le verbe en question signifie normalement « faire ». Dans « I’ll do the chicken », il remplace les verbes « have » ou « take », plus habituels pour une commande. D’où l’effet de surprise : on imagine presque un serveur qui prépare lui-même le poulet dans la cuisine.

Ce que disent vraiment les usages

Le dictionnaire Dictionary.com note que le mot chicken peut servir à commander un dîner, avec la formule « I’ll have the chicken ». C’est donc bien « I’ll have » qui domine dans la commande au restaurant. La tournure « I’ll do » existe, mais elle reste marginale d’après les témoignages recueillis.

Assiette de poulet grillé posée sur une table de restaurant, avec un menu en arrière-plan
Photo : PattayaPatrol / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Le point le plus intéressant vient des commentaires de l’article BuzzFeed. Plusieurs lecteurs disent n’avoir jamais entendu « I’ll do » au restaurant. L’un d’eux, qui se présente comme citoyen américain, affirme ne l’avoir jamais entendu en situation réelle. Ces témoignages n’ont aucune valeur statistique, mais ils contredisent l’idée d’une habitude universelle, et c’est déjà beaucoup pour un titre qui promet du « chaque jour ».

Un débat qui ne date pas d’hier

La question n’est pas nouvelle. En 2013, un internaute du forum WordReference demandait déjà ce que signifiait « I’ll do the salad ». Les réponses étaient partagées : la plupart des Britanniques y voyaient un américanisme, et la plupart des Américains y voyaient un britannicisme. Chacun soupçonnait donc l’autre côté de l’Atlantique d’avoir inventé la tournure.

Assiette de poulet grillé posée sur une table de restaurant, avec un menu en arrière-plan
Photo : TrainSimFan / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Le blog Not One Off Britishisms est revenu sur le sujet en 2019. Son auteur conclut que ce « do » n’est pas un britannicisme. Il s’agit d’un témoignage d’amateur et non d’une étude linguistique, mais il montre que l’usage est ancien et discuté, et qu’il ne se règle pas en un tweet.

Pourquoi ça fait rire

Le tic est drôle parce qu’il touche à une règle simple de la langue : chaque expression a ses habitudes, et un petit détail de vocabulaire suffit à trahir l’origine de quelqu’un. Un mot de trop, une préposition mal placée, et l’accent n’est plus le seul indice. Nicola pousse la blague plus loin en détournant la phrase vers une question très grivoise, qui n’a évidemment rien à voir avec le menu.

Le phénomène rappelle nos propres tics. En France, on dit « je vais prendre », « on prend » ou « je vais y aller avec le poisson ». Personne ne trouve ça bizarre chez nous, mais un visiteur étranger pourrait sourire en entendant la phrase. C’est exactement la logique de ce débat : une tournure anodine devient un sujet de conversation dès qu’on la regarde de l’extérieur.

Comment commander sans se faire remarquer

Si vous voulez éviter le malentendu, les formules les plus sûres restent les plus classiques. « I’ll have the chicken, please » ou « I’d like the chicken » sont polies et comprises partout dans les pays anglophones. Pour une question de goût, « Could I get the chicken? » fait aussi très naturel, sans risquer de faire lever un sourcil.

Ce qu’il faut retenir

  • Le tic est surtout connu grâce à un post viral, pas à une enquête ou à des données solides.
  • « I’ll have the chicken » reste la formule la plus courante pour commander au restaurant.
  • Le débat sur l’origine de « I’ll do » existe depuis au moins 2013, et personne ne l’a tranché.
  • Les témoignages recueillis sont anecdotiques et se contredisent.

Questions fréquentes

Les Américains disent-ils vraiment « I’ll do » tous les jours ?

Rien ne permet de l’affirmer. Les sources disponibles reposent sur un post viral, quelques commentaires et un blog. La formule la plus courante reste « I’ll have », et l’usage de « I’ll do » semble beaucoup plus rare.

Est-ce une expression britannique ou américaine ?

Personne ne tranche clairement. En 2013, des internautes de chaque côté de l’Atlantique s’accusaient mutuellement. Le blog Not One Off Britishisms estime que ce n’est pas un britannicisme, sans pour autant prouver le contraire.

Peut-on dire « I’ll do » sans passer pour bizarre ?

Oui, la phrase est compréhensible et ne pose pas de problème de sens. Elle paraît simplement inhabituelle à certains oreilles britanniques, ce qui explique le buzz. Dans le doute, « I’ll have » reste le choix le plus neutre.

Sources : BuzzFeed, Not One Off Britishisms (2019), Dictionary.com.

Perruque bob noire et collier de perles sur une table, dans l'esprit d'un déguisement d'Halloween inspiré de la téléréalité

Natalie Nunn retourne le Halloween de North West avec humour

Bouquet de roses rouges posé sur une table claire, illustrant le langage des fleurs et les quiz amoureux

Les fleurs disent-elles notre façon d’aimer ? Ce qu’on sait vraiment