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Les chats de boutique, sentinelles des quartiers qui disparaissent

Photo : Amzie D. Browning / Wikimedia Commons (Public domain)

Derrière le rideau de fer ou sur la caisse d’une petite boutique, le chat du quartier a parfois plus d’ancienneté que les commerçants eux-mêmes. Le photographe néerlandais Marcel Heijnen a fait de ces animaux son sujet de prédilection, en passant d’une ville à l’autre, de Hong Kong à Istanbul. Son travail montre que derrière la mignonnerie se cache une question plus sérieuse : que devient la ville quand ses quartiers disparaissent ?

Une décennie de photos, de Hong Kong à la Chine entière

Selon le magazine Sixth Tone, Marcel Heijnen a commencé vers 2016 à Hong Kong, avant de poursuivre son travail à Guangzhou puis à Shanghai. Le projet a pris une forme éditoriale en 2026 avec Hide-and-Seek: China’s City Cats, un ensemble de quatre volumes qui couvre près de vingt villes chinoises. Le titre de ce projet parle de chats urbains, pas d’un tour du monde : à ce stade, le travail documenté se concentre sur la Chine, auquel s’ajoute un ouvrage consacré à Istanbul.

Istanbul, des chats ni tout à fait libres ni tout à fait domestiques

Le livre City Cats of Istanbul, paru en 2025 avec des haïkus d’Ian Row, s’intéresse à une relation particulière entre une ville et ses habitants félins. D’après Creative Boom, ces chats ne sont pas vraiment errants, mais ils ne sont pas non plus possédés. Marcel Heijnen les décrit comme des créatures hybrides, à mi-chemin entre la rue et le foyer. Il explique qu’il est presque impossible de marcher plus de quelques minutes sans en croiser un, voire plusieurs.

Chat roux assis devant la vitrine d'une petite boutique de quartier, avec des affiches et des objets derrière la vitre
Photo : Jakub Hałun / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Quand le quartier disparaît, le chat disparaît aussi

Le passage le plus marquant concerne Shanghai. Toujours selon Sixth Tone, le photographe constate qu’il est bien plus difficile de trouver des chats de boutique qu’il y a dix ans. La raison tient moins aux animaux qu’aux quartiers : certains disparaissent, rasés ou transformés, et les commerces qui les abritaient partent avec eux. Certaines images de ses livres, selon lui, ne pourraient tout simplement plus être prises aujourd’hui.

Chat roux assis devant la vitrine d'une petite boutique de quartier, avec des affiches et des objets derrière la vitre
Photo : User:Ggia / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Ce constat donne au sujet une profondeur inattendue. Une photo de chat posé sur une vitrine raconte aussi une ville qui change plus vite que ses habitants ne le souhaitent, et un animal qui sert de repère à des générations de clients.

Ce qu’il faut retenir

  • Marcel Heijnen documente les chats de commerces depuis environ dix ans, d’abord à Hong Kong.
  • Son projet chinois compte quatre volumes et près de vingt villes.
  • Le livre sur Istanbul explore des chats ni errants ni possédés.
  • À Shanghai, les chats de boutique se font plus rares, en partie parce que les quartiers disparaissent.

Sources : Sixth Tone, « Through the Eyes of Shop Cats » ; Creative Boom, « Photographer Marcel Heijnen captures the Cats of Istanbul ».

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