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Chance, le renardeau condamné qui a réappris à marcher en nageant

Photo : Peter Trimming / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Un gilet de sauvetage vert fluo, un petit aileron sur le dos et un bassin normalement réservé aux chiens en convalescence : voici le programme de rééducation de Chance, un renardeau anglais que deux vétérinaires conseillaient d’euthanasier. Quelques mois plus tard, il court dans son enclos. Récit d’un sauvetage qui sent bon le chlore et la persévérance.

Un renardeau au milieu de la route

Tout commence en juin 2026 à Huthwaite, dans le Nottinghamshire, en Angleterre. Une habitante trouve un jeune renard roux immobile au milieu de la chaussée. Il a été percuté par une voiture et ne bouge plus ses pattes arrière.

Selon la plupart des récits, la personne contacte d’abord deux vétérinaires, qui estiment que l’animal devrait être endormi. Elle ne lâche pas l’affaire et finit par joindre Mansfield Wildlife Rescue, une association enregistrée qui soigne blaireaux, renards, hérissons et rapaces dans plusieurs comtés du centre de l’Angleterre. Hazel Pearson, administratrice de l’association, a expliqué au Chad, journal local de Mansfield, que l’équipe a voulu laisser au petit une chance de progresser. Le nom était tout trouvé : Chance.

Antidouleurs, anti-inflammatoires, puis examen vétérinaire : bonne nouvelle relative, les lésions sont surtout musculaires. Et quand c’est le muscle qui coince, une piste s’ouvre : l’eau.

Bienvenue au club de natation canin

Une fois vacciné, Chance a été accueilli gratuitement chaque semaine au Mansfield Canine Centre, dont le service d’hydrothérapie accueille d’habitude des chiens. Une première pour l’équipe, qui n’avait jamais vu de renard dans son bassin. Rassurez-vous, il ne croise jamais les chiens.

Dans l’eau, une seule personne l’accompagne : Chelsea, sa soigneuse attitrée. D’après la BBC, c’est en partie pour limiter ses contacts avec les humains, et en partie parce qu’il a la fâcheuse habitude de mordiller tous les autres. Un patient qui a du caractère, donc bon signe.

Les progrès ont vite été visibles : retour de la sensibilité, appui plus franc sur les pattes arrière, coups de pattes dans l’eau, premières tentatives pour se lever. « Il en est à environ quatre séances et la différence est incroyable », s’enthousiasmait Nathan Edge, l’un des propriétaires du centre. Cathy Fraser, bénévole de l’association qui travaille aussi sur place, résumait l’aventure auprès de la BBC et de l’agence SWNS : quand on pense qu’il semblait n’avoir aucune chance de survivre, c’est un voyage incroyable.

Pourquoi l’eau fait des miracles

L’hydrothérapie repose sur deux principes simples. D’abord, l’eau porte le corps : les pattes affaiblies n’ont pas à soutenir tout le poids de l’animal, ce qui permet de bouger sans douleur ni risque de chute. Ensuite, l’eau résiste au mouvement : chaque battement de patte fait travailler les muscles en douceur. C’est une musculation sans haltères, version barbotage.

Quant à la distance avec les humains, elle n’a rien de froid : un renard trop habitué aux gens aurait bien du mal à survivre une fois relâché.

Et maintenant ? Un enclos et beaucoup d’espoir

Fin septembre, nouvelle étape : Chance a emménagé dans un enclos extérieur temporaire. « Dès qu’il est entré, il s’est mis à courir partout pour en explorer chaque recoin », a raconté la fondatrice Cheryl Martins au Chad. Son activité reste toutefois encadrée pour éviter une rechute.

L’association espère le relâcher, sans rien promettre : s’il n’est pas assez sauvage, il restera chez elle, aux côtés de plusieurs renards handicapés hébergés à vie. Pas le pire des plans B.

L’histoire rappelle aussi un problème bien réel. Selon Cheryl Martins, citée par la BBC, l’association a recueilli cette année cinq renards percutés par des véhicules, contre deux l’an dernier. Un bilan local, pas une statistique nationale, qu’elle attribue notamment à la chaleur, qui fait disparaître les rongeurs et pousse les renards vers les villes en pleine journée, ainsi qu’à l’urbanisation. Chance était d’ailleurs le deuxième renardeau paralysé par un accident de la route accueilli en 2026.

Ce qu’il faut retenir

  • Chance, un renardeau heurté par une voiture en juin 2026, était jugé perdu par des vétérinaires.
  • Ses blessures étant surtout musculaires, il a suivi des séances hebdomadaires d’hydrothérapie dans une piscine pour chiens.
  • L’eau soulage le poids du corps et muscle en douceur : il a retrouvé l’usage de ses pattes arrière.
  • Depuis fin septembre, il court dans un enclos extérieur ; sa remise en liberté reste incertaine.

Sources : Chad (août 2026), Chad (29 septembre 2026), BBC via Yahoo, Good News Network / SWNS.

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